Les maisons traditionnelles de Tétouan

Les maisons de la médina de Tétouan sont plutôt bien conservées grâce aux efforts constants des premiers propriétaires et de leurs descendants. Certaines de ces maisons ont été restaurées dans le cadre du programme de réhabilitation du complexe, inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, programme conduit par la « Junta de Andalucía ». La maison traditionnelle de Tétouan se développe en général sur deux étages et constitue une structure fermée, dont la façade extérieure est d’une grande simplicité: la porte est l’unique élément qui anime la façade. L’intérieur est au contraire richement décoré. Trois éléments composent la maison urbaine: un vestibule coudé divisé en deux ou trois sections séparées par une porte, la première section étant réservée à l’accueil des visiteurs; une cour centrale avec ou sans portique et parfois pouvue d’un jardin; diverses pièces donnent sur la cour: deux ou trois pièces fermées, un salon ouvert, la cuisine et les toilettes. Les pièces peuvent être de divers types: rectangulaires avec alcôve, quadrangulaires avec antichambre ou rectangulaires avec deux alcôves. Les chambres à coucher se trouvent à l’étage supérieur. Dans le maisons les plus anciennes (XVIIème siècle), ce dernier repose sur un portique à arcatures soutenu par des pilastres ou des colonnes. Dans les maisons le plus anciennes, les pilastres sont remplacés par des poutres en fer. Les maisons les plus anciennes sont richement décorées de zelliges, notamment les pilastres de la cour, les revêtement de sol et les parties basses des murs. Les arcatures des portiques peuvent être polylobées et les portes sont en bois sculpté et peint. Les parties hautes des murs sont recouvertes de stucs. Les décorations en métal des portes externes sont faites de motifs géométriques réalisés à l’aide de clous métalliques à tête hémisphérique. Un poinçon ou un symbole indique la provenance géographique ou le statut social des propriétaires. L’eau potable était distribuée dans les maisons par l’intermédiaire d’un ingénieux système de canalisation conçu par Ali Al Mandhri, qui fit édifier la ville le long de sources. Ce réseau permettait également d’approvisionner en eau les fontaines, les bains publics, les mosquées et d’autre édifices. Seuls le gouverneurs et le principal ingénieur de la ville étaient au fait de l’existence de ce réseau.